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17 décembre 2012

Lettre ouverte à Mr Gérard Vignoble

LETTRE OUVERTE A Monsieur Gérard VIGNOBLE, MAIRE DE WASQUEHAL

 

Wasquehal, le 16 décembre 2012

 

                Monsieur le Maire,

                Pour la troisième fois au cours de cette année 2012, vous m’adressez une lettre pour me parler de vos états d’âme, de votre fierté, de votre réussite, de votre souci de vérité et de transparence.

                Permettez-moi à mon tour de vous parler rapidement de moi, et plus particulièrement d’un souvenir de jeune commercial à l’heure où je démarrais ma carrière, au début des années 70. Mon patron d’alors, homme de grande expérience et doté d’un sens aigu de l’humour, avait coutume de dire que « le papier ne refuse pas l’encre » : une manière d’affirmer que tout écrit, toute déclaration ne doit pas obligatoirement être pris au premier degré.

                En effet, lorsque je lis sous votre plume que « la gestion administrative n’a pas été parfaite », je vois en filigrane les contraventions payées par la Mairie (p. 30 du ROD de la Chambre Régionale des Comptes), des dizaines de litres de carburant acquis en Provence et en Bretagne avec la carte dédiée à votre véhicule de fonction ( p. 24 et 25 du document cité ci-dessus), une somme de 74 912 € couvrant vos « frais de représentation » pour la période de 2006 à 2009, sans délibération ni autorisation de l’assemblée des élus (p. 13 du même document), entre autres « imperfections ». Anomalies qui s’élèvent pour cette période de 2006 à 2009 à presque 900.000 €, (toutes engagées pour Wasquehal, écrivez-vous ; je ne situe pourtant pas notre ville en Provence…). Somme énorme que la comptable du Trésor Public doit rembourser, elle qui,  selon votre récente déclaration à la presse locale, a manqué à son devoir de conseil à votre égard – mais pour laquelle vous manifestez une certaine forme de solidarité, en ce sens où nous ne vous sentez pas vous-même exonéré de tout reproche. Voici donc la preuve que vous respectez les institutions de notre pays, ainsi que vous l’écrivez dans le second paragraphe de votre missive : en ne vous cachant pas derrière celle qui est sanctionnée  pour  n’avoir pas réussi à endiguer les conséquences de l’imperfection de votre gestion administrative, mais en acceptant des reproches.

                Mon ex-patron avait raison : le papier ne refuse pas l’encre.

                Toutefois, dans votre écrit, le papier se refuse à porter quelque explication que ce soit sur les dysfonctionnements mentionnés dans ledit ROD de Chambre Régionale des Comptes, malgré les promesses de votre lettre n° 1 de février dernier - sous prétexte de la poursuite de l’enquête judiciaire. Qu’il me soit permis de rappeler ici l’article 15 de la Déclaration des Droits de l’Homme : « La Société a le droit de demander compte à tout Agent public de son administration ». Que l’enquête soit close ou non, vos concitoyens ont le droit de savoir comment ont été utilisés les fonds publics, et d’obtenir de votre part tout éclaircissement sur chaque point du ROD de la CRC d’octobre 2011.

 

Si vous vous êtes honoré d’avoir pu vous exprimer devant les enquêteurs de la PJ, soyez le encore plus en le faisant devant vos électeurs. Et pour rappel, en utilisant le mensuel municipal et non une nouvelle lettre imprimée, et ce pour deux raisons :

-       Le coût supplémentaire et superfétatoire que représente une lettre par rapport au budget de communication en direction des administrés ;

-           L’absence d’espace pour l’expression des élus minoritaires sur chacune de vos trois lettres, alors qu’il s’agit d’un document public de communication, exigeant de ce fait la pluralité d’expression.

Le papier ne refuse pas l’encre, mais il est possible de l’économiser.

Enfin, puisque la période des vœux approche, permettez-moi de formuler celui-ci : que les séances du Conseil Municipal soient des moments de démocratie véritable, faits de dialogue (chaque question recevant une réponse sensée), de tolérance, d’écoute respectueuse, de politesse. Lorsque vous, Premier Magistrat, vous autorisez à employer l’invective, le mépris, voire la vulgarité, comment l’assemblée délibérante peut-elle continuer à débattre sereinement et dignement ? Chaque élu représente un nombre importants d’électeurs, et non uniquement sa propre personne. Humilier un élu, c’est par là-même humilier une partie de vos concitoyens. Merci de ne pas l’oublier dès la prochaine séance du Conseil. Merci de cette manière de ne pas m’humilier.

Je vous prie de recevoir, Monsieur le Maire, l’expression de mes civilités empressées.

                                                                                                                                   Denis YON

Secrétaire de l’Association Citoyenneté Wasquehal

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