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05 juin 2012

LEGISLATIVES

Le choix qui s'offre aux électeurs en passe d'élire le député de la 7e circonscription du Nord « nouvelle version » est somme toute assez classique : il serait étonnant d'échapper au traditionnel duel droite-gauche au second tour, entre le sortant, Francis Vercamer (Nouveau Centre) et sa rivale socialiste, Marjolaine Pierrat-Feraille.

 Marjolaine Pierrat-Feraille et Francis Vercamer, sur la ligne de départ des législatives.

PAR OLIVIER HENNION

roubaix@lavoixdunord.fr PHOTO ARCHIVES « LA VOIX »

Il y a dix ans, Francis Vercamer, jeune maire centriste de Hem, était parti la fleur au fusil défier un ministre du gouvernement sortant, le Vert Guy Hascoët, sous une étiquette toute neuve et même pas encore constituée en parti, l'UMP. Le « challenger » avait alors pu compter sur l'effondrement de la gauche suite aux résultats du 21 avril 2002 pour s'emparer d'une circonscription réputée difficile, mais s'était retrouvé aussitôt embarqué dans le conflit opposant les centristes et les « fondateurs » de l'UMP.

En 2007, après avoir soutenu François Bayrou au premier tour de la présidentielle, Francis Vercamer ralliait in extremis le camp Sarkozy et obtenait du futur président de ne pas avoir de candidat estampillé UMP face à lui... Encore une fois, le coup passait tout près puisqu'il ne conservait son fauteuil face à Fanny Bullaert (PS) qu'à 183 voix près, dans une circonscription comptant 71 000 électeurs... S'il y a une chose à retenir de ce petit rappel historique, c'est que Francis Vercamer n'a jamais abordé une échéance législative avec une telle « marge  » apparente sur ses adversaires. D'abord, en dix ans, le député-maire de Hem a su asseoir sa légitimité. Et si ça ne suffisait pas, il a reçu un sérieux coup de pouce en 2009 sous la forme du redécoupage des circonscriptions opéré par Alain Marleix (lire ci-contre). Avec le « matelas  » de voix fourni par les électorats d'Hem, de Croix et de Wasquehal, il peut voir venir.

Les projections électorales réalisées suite au premier tour de la présidentielle le placent largement en tête, et il devrait pouvoir compter au second tour sur la majorité des voix centristes. Un seul scénario semble pouvoir le faire vaciller : celui d'un FN suffisamment fort au premier tour (au-delà de la barre des 12,5 % des inscrits) pour être en mesure de se maintenir. Entre la perte d'une partie de l'électorat de droite et l'effet mobilisateur à gauche que cela induirait, le basculement deviendrait possible.

Evidemment, Marjolaine Pierrat-Feraille balaie ces calculs d'un revers de main en rappelant qu'elle est entrée en politique pour combattre le FN et que la présence du parti frontiste au second tour n'est jamais une bonne chose. Bien accrochée à l'élan généré par l'élection de François Hollande, la jeune conseillère municipale roubaisienne a su fédérer l'ensemble des forces de gauche de la circonscription autour d'elle. Ses principaux soutiens, Pierre Dubois, maire de Roubaix, ou Josiane Willoqueaux, maire de Lys-lez-Lannoy, saluent sa fraîcheur et son enthousiasme. Des qualités que portait déjà la candidate socialiste, Fanny Bullaert en 2007. Le dynamisme de Marjolaine Pierrat-Feraille et la mobilisation des sections PS et Verts des communes de la circonscription parviendront-ils à déjouer les pronostics ?

Pas sûr. D'autant que si l'on se réfère aux scores de la présidentielle, le PS ne possède pas vraiment de réservoir de voix dans la 7e. Ni les électeurs de Jean-Luc Mélenchon, sensiblement au même niveau que François Bayrou (lire ci-dessus), ni ceux d'Eva Joly ne semblent en mesure de peser... On en revient toujours à Gianni Meli, très jeune représentant de la « vague bleu Marine » qui tentera de passer le cap du premier tour. Lors du scrutin présidentiel, Marine Le Pen avait réuni sur son nom 13,49 % des inscrits... mais avec un taux de participation à 76,66 %.

Traditionnellement, ce dernier chute de 10 à 15 points lorsque surviennent les législatives. C'est mathématique : la marche sera sans doute trop élevée pour que le candidat FN puisse se mêler au duel droite-gauche attendu. •

Commentaires

Mr Vercamer dont le directeur de campagne n'est autre que Gérard Vignoble !! pfffff

Écrit par : PP59 | 08 juin 2012

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